dimanche 1 janvier 2012

La théorie ORES et ses méthodes, chap III

III - Les principaux apports des méthodes ORES

1) Un principe d'évaluation

L'évaluation d'une situation individuelle ou collective :

- dépend évidemment de la situation individuelle ou collective elle-même et, notamment, du point de vue particulier dont elle est globalement représentative par les résultats qu'elle a obtenue ou obtient,

- dépend aussi et toujours de l'homme qui l'observe et l'évalue, selon le regard qu'il porte sur cette situation et le point de vue qui est le sien.


L'évaluation d'un homme ou son auto évaluation par lui-même dépendent donc :

- de la situation de l’homme qui est évalué et, notamment, du point de vue dont cet évalué est globalement représentatif par ses résultats,

- mais aussi et toujours de l'orientation de la conscience de l'évaluateur.

Si l'homme s'évalue, son auto-évaluation dépend du regard qu'il se porte.
Si un homme A évalue un homme B, l'évaluation de l'homme A dépend du regard que l'homme A porte sur l’homme B.


Les méthodes ORES permettent ainsi de résoudre le problème que pose l'évaluation qualitative et quantitative objective d'un homme ou d'une situation individuelle ou collective, par l'homme, dont lui-même.

Cette question n'est aujourd'hui que partiellement résolue, faute de connaître les lois de nombreux phénomènes, dont celles qui régissent la subjectivité et l'objectivité de l'homme lui-même.

Les différents modèles ORES d'évaluation issus de l'espace ORES montrent en effet visuellement quelles sont :

- les déformations éventuelles propres à chacun des partis, facettes ou résultats de la situation individuelle ou collective à évaluer,

- les déformations éventuelles propres à l'évaluateur.

L'évaluation qualitative et quantitative par l'homme en résulte, par superposition de ces deux déformations.


L'évaluation relève de l'application de la déformation éventuelle de l'homme observateur aux déformations des partis, facettes ou résultats de ses observés.


2) Un principe d'évolution

Evoluer, c'est nécessairement changer de sens, c'est à dire d'orientation et de valeur.

Ce principe est valable :
- pour chaque homme, dans la situation personnelle ou professionnelle où il se trouve,
- pour les multiples situations individuelles et collectives, humaines ou non humaines.

Toute situation est en effet la résultante de forces en présence.
Ces forces sont concourantes, mais aussi concurrentes.

Chacun de nous a plusieurs facettes à sa personnalité, ainsi que plusieurs cordes à son arc : nous sommes plus ou moins tiraillés, dans plusieurs sens à la fois.

Dans une situation humaine collective, il y a plusieurs "partis pris", c'est à dire plusieurs idéaux.
Chacun d'eux est à l'œuvre.

Il est rare que tout le monde aille dans le même sens : à chacun son point de vue, son orientation et ses valeurs.

Autrement dit, tout le monde ne tire pas dans le même sens, ni avec la même force.
Beaucoup tirent la couverture à eux.
Parfois même, "on va dans tous les sens à la fois".

Ainsi, dans toute situation individuelle ou collective, huit sens sont en instance à chaque niveau d'évolution et ils sont plus ou moins fortement à l'œuvre.

Ces différents sens sont ceux des huit partis ou facettes de la situation considérée.

Evoluer dans un sens, c'est alors nécessairement changer certains des sens qui sont à l'œuvre, c'est à dire changer d'orientation et de valeurs, dans plusieurs facettes ou partis de la situation.

Ayant choisi un sens d'évolution, c'est à dire un idéal, il convient évidemment d'élaborer la stratégie individuelle ou collective d'évolution dans ce sens.

Cette stratégie sera donc nécessairement une stratégie de changement pour plusieurs des autres sens à l'œuvre dans la situation et donc pour leurs orientations et leurs valeurs.

Or, les modèles ORES d'évaluation se présentent dans un espace en trois dimensions, l'espace ORES, qui permet de visualiser et de simuler les dynamiques d'évolution individuelles et collectives, en perspective d'un choix d'orientation, de sens et de valeur individuels et/ou collectifs.

Nous aurons donc le loisir d'évaluer les différentes évolutions possibles et de déterminer la meilleure, du moins lorsque le regard de l'homme voudra bien s'y prêter, c’est à dire adopter, au moins momentanément, un regard à la fois objectif et positif, avant d'arrêter son choix.


3) L'objectivité

Comme nous l'avons vu, les espaces ORES permettent à l'homme de décrire et d'évaluer toute situation de façon objective.
Ils montrent aussi :
- comment et pourquoi les hommes qui évaluent une situation ne lui donnent pas le même sens, ne les interprètent et ne les jugent pas de la même façon,
- dans quelles conditions les hommes l'évaluent correctement, c'est à dire objectivement (de façon positive ou lucide).

Les sens que les hommes donnent aux situations, les interprétations qu'ils en font et les jugements de valeurs qu'ils leur portent sont en effet souvent subjectifs et déformés, qualitativement et quantitativement : ils dépendent du regard et du point de vue qu'ils adoptent pour les considérer.

a) déformations lors de l'évaluation ou de l'auto évaluation d'une personne

Une personne A, décrivant et évaluant une personne B, déforme plus ou moins les différents points de vue de la personne B, qualitativement et quantitativement :
- une personne A ne donne pas le même sens aux mots qu'une personne B,
- une personne A a sa propre interprétation de B et son propre jugement sur B.
De plus, elle n'en prend pas toujours la bonne mesure.
Il en est de même lorsqu'une personne s'auto évalue, en se regardant et en s'envisageant sous différents angles.


b) déformations lors de l'évaluation par un homme d'une situation individuelle ou collective

De même, les hommes qui évaluent qualitativement et quantitativement une situation individuelle ou collective lui donnent rarement le même sens, n'en font pas tous les mêmes interprétations, ne la jugent pas de la même façon : ils la déforment plus ou moins.

On le savait : à chacun son point de vue et ses valeurs, tant qualitatives que quantitatives.

Nous sommes ainsi plongés dans le règne de la subjectivité, de l'intersubjectivité, des projections et des déformations qualitatives et quantitatives.

Dans quelles conditions l'homme peut-il évaluer la (sa) situation de façon objective et rationnelle ?
Y a t'il une unité de mesure et une échelle de valeur communes ?

Remarquons que, si c'est le cas, les situations individuelles ou collectives pourraient être évaluées de la même façon par chacun de nous, dans ce qu'elles ont de meilleur comme dans ce qu'elles ont de pire…si nous ne les déformions pas.
Des accords véritablement consensuels, en vue de remédier aux difficultés que les hommes rencontrent individuellement et collectivement, pourraient ainsi s'élargir dans le meilleur sens…à condition que les hommes veuillent bien changer de regards et de points de vue, puis s'y tenir dans l'action.

Les modèles ORES d'évaluation montrent dans quelles conditions l'évaluateur est objectif dans ses évaluations et auto évaluations, tant qualitativement que quantitativement. Ils montrent aussi que cette objectivité est soit positive, soit lucide.



Sous deux angles de vue, parmi une infinité d'angles possibles, il n'y a ni déformation, ni fausse interprétation : l'évaluation est alors objective.
Mais l'homme ne juge "bien" de la (sa) situation que sous un seul de ces deux angles.
Sous ce dernier angle, l'homme détermine le "véritable" sens de la situation et l'évalue à sa "juste" mesure : l'évaluation de la situation est alors à la fois "objective" et "positive".
Sinon, sous l’autre angle, l'évaluation est "objective" et "lucide".

Les mots que nous avons mis ci-dessus entre guillemets et en gras sont autant de jugements de valeurs sur ce qui est bien et sur ce qui est mal.

Evaluer, c'est en effet porter un jugement de valeur sur ce qui est bien et mal dans une situation.

C'est justement la question fondamentale à laquelle les modèles ORES d'évaluation apportent une réponse.

Quant au sens particulier dans lequel les situations individuelles ou collectives sont susceptibles d'évoluer, il dépend évidemment des jugements positifs ou négatifs que les hommes leur portent.

Les évaluations des situations individuelles ou collectives fondent leurs évolutions.
C'est dire l'importance du sens, c’est à dire de l’orientation des valeurs.


4) Les vérités et la vérité

Chacun homme a, certes :
- sa propre vérité sur lui-même,
- sa propre vérité sur les autres personnes,
- sa propre vérité sur les situations individuelles et collectives.

Mais ces différentes vérités humaines sont le plus souvent partielles et rarement objectives.

Les modèles ORES d'évaluation montrent en effet que ces différentes vérités humaines résultent des déformations fréquentes appliquées par l'homme lors de ses auto évaluations et évaluations, selon le regard qu'il porte à sa situation objective ou aux situations individuelles et collectives objectives.

Ils permettent donc de se libérer de la lecture subjective et déformée de la plus part des évaluateurs et de trouver, parmi toutes les vérités humaines :
- la vérité objective sur la situation des hommes ou sur la situation individuelle ou collective considérée,
- la vision positive pour son évolution.

Autrement dit, ils montrent que, parmi toutes les vérités partielles, les hommes peuvent trouver une vérité unique, absolue et scientifique qui permet d'englober et d'expliquer toutes les vérités partielles et subjectives que peuvent avoir les autres hommes, dont la vérité objective et lucide :
- aussi bien sur les résultats obtenus par un homme et sur les différentes facettes qui les détermine,
- que sur les situations individuelles ou collectives que les hommes évaluent, soit par leurs résultats, soit par leurs différents partis pris.


Nous venons de prétendre que les modèles ORES proposaient, parmi tant de vérités partielles, deux vérités particulières, qui correspondent à deux orientations de conscience particulières :
- une vérité idéale objective et positive,
- une vérité idéale objective et lucide,
tant pour la conscience que pour le réel.

Les hommes dont l'orientation de conscience leur donne accès à ces vérités à la fois idéales, pleines et entières ont la chance d'avoir une lecture parfaitement objective de chacune des multiples vérités partielles subjectives, sans y apporter aucune déformation quantitative, ni d'interprétation erronée.

Mais, chacun de nous reste évidemment libre d'interpréter, de juger, d'évaluer à sa façon :
- ces deux vérités idéales dites objectives, l'une positive et l'autre lucide,
- ainsi que, d'ailleurs, toutes les autres vérités partielles.

L'homme est libre d'être partiellement ou totalement diabolique - ou de ne pas l'être du tout - dans sa vie comme dans la Vie.

Les modèles ORES d'évaluation peuvent aider les hommes à découvrir la vérité objective :
- sur un homme,
- sur une situation individuelle ou collective.

La condition est qu'ils aient ou adoptent une orientation de conscience soit positive, soit lucide.


Mais, les modèles ORES permettent aussi et en même temps, de déterminer quelle est la véritable et meilleure orientation à leur donner avec sa valeur générale, son sens, son système de valeurs détaillé, sa stratégie, ses plans d'actions.

Cependant, libre à l'homme de déformer cette objectivité et de vouloir s'orienter et orienter les autres hommes et les situations dans son sens, celui qu'il considère idéal, c'est à dire celui qu'il considère comme le meilleur pour lui-même, pour les autres et pour les diverses situations individuelles et collectives qu'il rencontre, selon son propre système de valeurs.

Notons :
- que la vision idéale et considérée comme lucide par leurs partisans (dont nous venons de dire qu'elle permet d'y voir parfaitement clair et de donner des interprétations exactes et complètes) est une vision idéale qui est jugée comme entièrement négative par les partisans de la vision idéale dite positive,
- mais aussi que la réciproque est vraie.

Qui a raison ? L'homme positif ou l'homme lucide ?

Nous verrons que la théorie ORES propose une réponse : toutes les visions idéales des hommes, dont la vision objective et lucide, proviennent de la seule vision idéale positive.

Au paragraphe 6, nous montrerons que les modèles ORES permettent de trouver la vérité objective
- au travers des discours que l'homme tient sur lui-même ou au travers des discours que les autres tiennent sur lui,
- au travers des discours que les hommes peuvent tenir sur les diverses situations individuelles ou collectives,
c'est à dire à partir de la vérité subjective de chaque homme.

Auparavant, voyons ce qu'il en est de ces discours (paragraphe 5).


5) Les discours des hommes

Lorsque l'homme exprime sa vérité, il tient le plus souvent des discours intérieurs et extérieurs différents les uns des autres.

Ces différents discours intérieurs et extérieurs portent évidemment :
- sur lui-même,
- sur les autres hommes,
- sur les situations individuelles ou collectives,
dans le passé, le présent et l'avenir.

Intéressons-nous aux discours que l'homme tient sur le présent, sachant que les rétrospectives et les prospectives que permettent les modèles ORES donnent aussi les discours passés et futurs, à tous les niveaux d'évolution, pour autant que le langage qui en rend compte existe.

Les différents discours intérieurs ou extérieurs de l'homme fournissent :
- soit ses interprétations, c'est à dire ce qu'il voit des situations qu'il observe et auxquelles il participe éventuellement de façon active,
- soit ses jugements, c'est à dire ce qu'il en pense, compte tenu de ses propres valeurs,
- soit les sens qu'il attribue à ces situations.
Ce sont là ses évaluations qualitatives.

Mais ces différents discours intérieurs et extérieurs sont aussi quantitatifs :
- ils donnent des évaluations quantitatives, c'est à dire la mesure que l'homme attribue à ce qu'il observe.
- ils ont un niveau d'évolution, en termes de langage, plus ou moins élevé (le nombre de mots utilisés augmente).


a) Les hommes tiennent souvent à leurs propos des discours intérieurs et extérieurs différents.

L'homme peut s'auto évaluer facette par facette et par ses résultats.

Pour s'auto évaluer, l'homme adopte nécessairement une orientation de conscience.

Il peut s'évaluer en ayant recours à des orientations de sa conscience variées : ses évaluations changent.

S'il auto-évalue l'une de ses facettes et que cette facette est exactement dans l'orientation de conscience qu'il adopte pour s'évaluer, il s'évalue alors de façon entièrement positive : cette facette correspond en effet à sa vision idéale de lui-même.

En revanche, s'il auto-évalue ses autres facettes ou ses résultats, en conservant l'orientation de conscience précédente, il évalue chacune de ses autres facettes ou résultats de façon plus ou moins négative.

En effet, ses autres facettes sont, par définition, dans une autre orientation de conscience que celle avec laquelle il s'évalue et, d'autre part, ses résultats sont rarement exactement dans l'orientation qu'il voudrait idéalement leur donner.


Pour rendre compte de ses différentes auto-évaluations, l'homme tient le plus souvent sur lui-même plusieurs discours qualitatifs et quantitatifs, soit idéaux, soit teintés d'interprétations, de jugements et de sens plus ou moins négatifs.
Mais les uns en son for intérieur et les autres pour l'extérieur.



b) Les hommes tiennent souvent des discours intérieurs et extérieurs différents à propos des visions positives ou négatives qu'ils ont du monde.

Les visions idéales de l'évaluateur s'expriment en son for intérieur et extérieurement à propos :
- d'un autre homme, mais sa vision idéale correspond alors à ce qu'il aimerait être lui-même et à la situation qu'il aimerait vivre,
- des situations individuelles ou collectives qu'il observe ou qu'il vit éventuellement lui-même en y participant plus ou moins activement.

L'homme donne sa vision idéale du monde :
- quand il décrit ce qu'il y préfère personnellement, dans l'orientation qui est la sienne au moment où il évalue,
- quand l'orientation de conscience de ce qu'il évalue est exactement la même que la sienne.

Mais, l'existant est rarement totalement conforme à la vision idéale qu'en a l'évaluateur.

Il évalue alors, en termes d'interprétation, de jugement et de sens :
- les résultats et les différentes facettes des autres hommes,
- les résultats et les différentes parties des situations individuelles ou collectives.


Pour rendre compte de ses évaluations, l'homme tient le plus souvent, sur les autres hommes ou sur les situations individuelles ou collectives, plusieurs discours, soit idéaux, soit teintés d'interprétations, de jugements et de sens plus ou moins négatifs.
Mais les uns en son for intérieur et les autres pour l'extérieur.

Résumé

Les différentes auto-évaluations et évaluations que les hommes font :

- s'effectuent avec l'orientation de conscience que l'homme adopte pour y procéder, celle qui correspond à sa vision idéale de lui-même et du monde, au moment où il évalue.

- les amènent à donner leurs interprétations, leurs jugements de valeur et leurs sens, à propos de chaque observé.

Mais leurs discours, qui sont en termes d'interprétation, de jugement ou de sens, ne sont en général pas les mêmes à l'intérieur d'eux-mêmes et à l'extérieur.


Remarque

L'homme peut changer son orientation de conscience et, en l'occurrence, celle avec laquelle il évalue ou s'auto évalue.
Il y a en effet une infinité d'orientations de conscience possibles, toutes dessinées et définies à l'intérieur de son espace ORES.
A chacune de ces orientations, l'homme s'évalue ou évalue à un niveau d'évolution donné et d'un autre angle, c'est à dire différemment, qualitativement et quantitativement.
Ce niveau d'évolution actuel ou rétrospectif et cet angle correspondent :
- soit à une de ses autres facettes actuelles,
- soit à une de ses anciennes façons de se voir, c'est à dire à une de ses anciennes facettes,
- soit encore à la façon de voir des autres hommes, s'il subit ou bénéficie de leur influence et s'il se laisse aller à voir comme eux.
Autant bien choisir ses référents et ses modèles !

c) Sur le couple de cartes d'un idéal, on trouve un, trois ou onze discours idéaux distincts.

Les différents discours intérieurs et extérieurs idéaux de l'observateur et de l'observé sont portés sur des couples de cartes des idéaux individuels et collectifs.

Sur chacun des couples de cartes des idéaux de l'observateur et sur chacun des couples de cartes des idéaux de l'observé, il y a un, trois ou onze discours distincts.

Sur chacun des couples de cartes de l'observateur, figure en effet deux ou six courbes, qui peuvent être des cercles.

Les surfaces de chacune de ces courbes ou chacun de ces cercles portent un vocabulaire et le plus souvent deux vocabulaires partiellement distincts l'un de l'autre, permettant de former un, trois ou onze discours distincts à propos d'un des idéaux de l'observateur, c'est à dire à propos d'une des facettes de l'observateur.
Cette facette de lui-même ne lui semble d'ailleurs idéale que s'il a l'orientation particulière de cette facette.
Autrement dit, les différents discours portés sur un couple de cartes ne sont lus tels quels par l'observateur que s'il adopte, pour évaluer la facette que ce couple de cartes décrit, l'orientation de conscience de cette facette.

Sur chacun des différents couples de cartes de l'observé (qui est soit un autre homme ou une situation individuelle ou collective) figure aussi deux ou six courbes ou deux ou six cercles porteurs de vocabulaire(s) permettant de former un, trois ou onze discours idéaux à propos :
- soit d'une des facettes d'un autre homme,
- soit d'une des différents partis pris que comporte toute situation individuelle ou collective,
- soit des résultats qu'ils obtiennent respectivement.



Les discours portés sur les couples de cartes de l'homme correspondent aux différentes visions idéales que peuvent avoir les hommes sur eux-mêmes ou sur d'autres hommes, ainsi que sur leurs résultats.
Les discours portés sur les couples de cartes d'une situation correspondent aussi aux différentes visions idéales que peuvent avoir les hommes, mais sur les situations individuelles ou collectives, ainsi que sur leurs résultats.

Les discours sur les partis pris, facettes ou résultats d'une situation individuelle ou collective ne sont évidemment pas tenus par la situation elle-même, mais par des hommes :
- soit des hommes qui ont exactement la même orientation de conscience que l'orientation de conscience individuelle ou collective de chaque partie ou facette ou qui ont exactement la même orientation de conscience que l'orientation des résultats.
- soit des hommes qui voient exactement ce qu'il en est, objectivement, sans aucun filtre, ni aucune déformation.

Si un couple de cartes contient un seul et unique discours idéal, nous verrons que ce discours idéal :
- est à un niveau d'évolution constant,
- correspond à un seul mode d'expression.

Si un couple de cartes contient trois discours idéaux, nous verrons que ces trois discours idéaux ::
- sont aussi à un niveau d'évolution constant,
- correspondent à un seul mode d'expression.
Mais, ils sont de teneurs différentes.

Si un couple de cartes contient onze discours idéaux, ces discours idéaux :
- sont à trois niveaux d'évolution différents,
- correspondent à six modes d'expression.
Mais, ils sont de teneurs différentes.

Les trois discours idéaux de teneurs différentes que l'homme tient :
- soit sur une facette de lui-même ou sur une facette d'un autre homme (à condition qu'il oriente sa conscience dans l'orientation de la facette qui représente alors son propre idéal d'homme, de telle sorte qu'il lit sans déformation ce qui figure sur le couple de cartes de cette facette),
- soit sur une partie de la situation individuelle ou collective (à condition qu'il oriente sa conscience dans l'orientation du parti pris de la situation qui représente alors la situation idéale pour lui, de telle sorte qu'il lit sans déformation ce qui figure sur le couple de cartes de ce parti pris),
sont les suivants.

Un discours intérieur et partiellement ou totalement gardé au secret, sur le savoir qui est soit au cœur de l'homme, soit au cœur de la situation individuelle ou collective qu'il décrit.

Un discours identitaire, qui est extérieur, mais qui est exposé, affiché et mis en vitrine, permettant d'identifier le rayonnement relatif soit à l'homme qui s'évalue, soit à la situation individuelle ou collective.

Mais le discours identitaire se superpose au discours intérieur : il convient de paraître et de simuler le réel : la langue de bois est à l'œuvre.
Le discours est alors un discours d'apparence.

A chacun son idéal intérieur, son idéal identitaire et son apparence idéale !

Ces trois discours idéaux de teneurs différentes peuvent présenter des variantes, jusqu'à former, comme nous l'avons indiqué, onze discours idéaux, alors différenciés par leurs teneurs et leurs niveaux d'évolution.



Dans deux cas seulement, on ne trouve sur un couple de cartes qu'un seul discours idéal, le même à l'intérieur qu'à l'extérieur, mais différent d'un cas à l'autre.

On peut lire ce discours unique :
- sur le couple de cartes positives que nous avons élaboré ; le discours y est à la fois unique et positif,
- sur le couple de cartes qui s’y oppose directement, à savoir le couple de cartes lucides ; le discours y est aussi unique, mais lucide.
Sur chacun de ces deux couples de cartes, le discours intérieur et le discours identitaire sont les mêmes.
Le discours d'apparence, qui relève de la superposition du discours identitaire au discours intérieur, est donc aussi le même.
Les trois discours sont identiques.
Ce discours unique, qui n'utilise qu'un mode d'expression et dont le niveau d'évolution est constant, est un discours à la fois idéal, transparent et authentique.
Cependant, le discours unique du couple de cartes lucides est jugé comme entièrement négatif, mais seulement du point de vue de celui ou de ceux qui se trouvent du coté positif.
C’est là un jugement de valeur.
Attention, la réciproque est vraie. Les hommes dont l'idéal se trouve du coté de la lucidité jugent que c'est de l'autre coté que se trouve le négatif individuel ou collectif.

Dans tous les autres cas, on trouve trois ou onze discours idéaux sur les couples de cartes décrivant les idéaux individuels ou collectifs.

Voyons ce qu'il advient lorsque l'homme, qui est l'observateur, évalue une situation, qui est l'observé.
Pour évaluer, l'observateur doit en effet superposer :
- son couple de cartes, celui qui correspond à son orientation de conscience au moment où il évalue,
- à chacun des couples de cartes décrivant l'observé par ses parties, facettes ou résultats.

d) Superposition des discours idéaux de l'observateur aux discours idéaux de l'observé

Lorsque l'homme s'évalue ou évalue, il utilise le couple de cartes qui correspond à une de ses orientations de conscience, celle qu'il adopte pour évaluer :
- de façon à s'observer par une de ses autres facettes et par ses résultats,
- de façon à observer un autre homme par l'une ou l'autre de ses facettes et par ses résultats,
- de façon à observer un des partis pris d'une situation individuelle ou collective et ses résultats.
Autrement dit, lorsque l'homme s'évalue ou évalue un observé, il utilise un de ses couples de cartes et il doit le superposer :
- soit à chacun des couples de cartes de cet observé, dont à celui qui décrit ses résultats,
- soit au couple de cartes particulier qui représente de façon objective tout l'espace contenant les différentes parties ou facettes de cet observé.
C'est donc avec le regard et le point de vue qui correspondent à ce couple de cartes et à cette orientation de conscience :
- que l'observateur s'auto évalue ou évalue les autres hommes,
- que l'observateur évalue une situation individuelle ou collective.
Le couple de cartes qui représente sa vision idéale du moment est par conséquent sous ses yeux, en même temps que chacun des couples de cartes de l'observé, qu'il évalue alors successivement et analytiquement par ses différentes facettes, parties ou par ses résultats.
Si l'homme veut évaluer ses différentes facettes, celles d'un autre homme ou les différents partis pris d'une situation,
il doit superposer :
- le couple de cartes avec lequel il évalue,
- aux couples de cartes qui représentent les partis pris, facettes ou résultats de l'observé, qui peut être lui-même (l'homme s'auto évalue).




e) Formation des discours donnant les auto-évaluations et les évaluations qualitatives et quantitatives faites par l'observateur

Nous avons vu que l'évaluateur pouvait rendre compte de son auto-évaluation, de son évaluation d'un autre homme ou de son évaluation d'une situation individuelle ou collective de façon totalement objective, mais seulement dans les deux cas évoqués ci-dessus.

L'évaluateur objectif a alors une orientation de conscience telle qu'il voit et évalue sans aucune déformation :
- soit lui-même,
- soit l'homme qu'il évalue, tel qu'il est et tel qu'il se vit,
- soit la situation individuelle ou collective, telle qu’elle est et telle qu’elle est vécue.

En effet, l'évaluateur objectif lit, au travers de son couple de cartes, un, trois ou onze discours, tels qu'ils sont écrits, mais sans aucun filtre :
- soit sur les couples de cartes de l'homme à évaluer,
- soit sur les couples de cartes de la situation individuelle ou collective à évaluer.

Les interprétations de l'homme ou de la situation sont donc exactes : elles correspondent aux vécus de l'homme ou de la situation observés.
Les jugements sont cependant différents, selon que l'évaluateur est objectif et positif ou objectif et lucide.

En revanche, si l'homme est empreint de subjectivité, ce qui est fréquent puisqu'il n'y a que deux orientations de conscience qui assurent de son objectivité, et qu'il évalue sa propre situation, la situation d'un autre homme ou une situation individuelle ou collective, il n'a pas, sur son couple de cartes qu'un seul discours, mais trois ou onze.


Dans ces conditions, l'évaluateur plaque son discours, ses trois ou onze discours :
- soit sur le discours unique et idéal qui se présente éventuellement à ses yeux, qui est alors soit sur le couple de cartes positives de l'observé,
- soit, en général, sur les trois ou onze discours idéaux qui en décrivent objectivement les partis pris, facettes ou résultats, de l'observé tels qu'ils sont et tels qu'ils sont d'ailleurs vécus de façon idéale dans chaque orientation.

Les discours idéaux de l'observateur se superposent et se mélangent aux différents discours idéaux de l'observé : un nouveau vocabulaire est créé.

Les discours qualitatifs qui donnent les auto-évaluations et les évaluations réalisées par les hommes proviennent du mélange de chacun de leurs propres discours idéaux :
- soit à chacun des discours idéaux décrivant les différentes partis pris ou facettes de l'observé,
- soit au discours idéal sur les résultats actuels de l'observé.

Les discours des observateurs sur les observés, qui résultent de ces diverses superpositions, fournissent :
- leurs interprétations et leurs jugements qualitatifs et quantitatifs détaillés,
- les sens qu'ils donnent aux mots qui décrivent les observés.

Les descriptions qualitatives que l'observateur donne de l'observé modifient ainsi :
- le ou les discours idéaux tenus par l'observé.
- le discours objectif sur l'ensemble de la situation.


f) Les discours de l'évaluateur portent tout ou partie du réel et la conscience de la situation

En effet, le champ de conscience de l'observateur peut être réduit par les courbes de son couple de cartes d'évaluateur..
Dans ce cas, il n'évalue pas tout du réel et la conscience de la situation : il n'en évalue qu'une partie.
Sa déformation est quantitative.

Les discours quantitatifs proviennent des champs de vision plus ou moins réduits de l'observateur.

g) Les discours de l'évaluateur portent aussi sur l'inconscience et l'irréel de la situation

Le champ de conscience de l'observé peut lui-même être réduit par les courbes de ses différents couples de cartes à évaluer par l'observateur.
Dans ce cas, il se peut que l'observateur voie des parties qui sont inconscientes et irréelles pour l'observé.


h) Les discours sur la situation qui sont inconscients et irréels pour l'évaluateur

Si l'observateur, du fait de la réduction de son champ de conscience, est inconscient d'une partie pourtant bien réelle de l'observé, il ne la décrit pas complètement.
La partie de l'observé qui est ainsi irréelle et inconsciente pour l'observateur est pourtant réelle et consciente pour l'observé.

Les discours de l'observateur :
- portent sur tout ou partie du réel et la conscience de l'observé, mais aussi sur tout ou partie de son irréel et son inconscience.
- peuvent laisser dans l'oubli des parties pourtant bien réelles et conscientes de l'observé.

Résumé

Les modèles ORES permettent de déterminer les différents discours intérieurs et les discours extérieurs que tiennent les hommes :
- qui s'évaluent,
- qui évaluent un autre homme,
- qui évaluent une situation individuelle ou collective,
en superposant les discours de leurs propres couples de cartes :
- soit aux discours du couple de cartes représentant les seuls résultats de l'homme ou de la situation à évaluer,
- soit aux discours de chacun des couples de cartes représentant une des facettes de l'homme ou un des partis pris constitutifs de la situation.

Il en résulte, pour chaque discours, des déformations quand les champs de vision de l'observateur sont réduits, ainsi que des interprétations, des jugements et des sens le plus souvent différents de ceux de l'observé.

L'observé est donc rarement appréhendé par l'observateur tel qu'il se connaît ou tel que les autres le connaissent, que ce soit dans ses différents partis pris, facettes ou résultats ou dans son intégralité.

L'observateur peut :
- ne pas voir des parties pourtant bien réelles et conscientes de l'observé,
- découvrir des parties inconscientes et irréelles pour l'observé, mais en les interprétant et en les jugeant à sa façon.



6) A la recherche de la vérité subjective intérieure

La détermination des discours intérieurs à partir des discours extérieurs est un point très intéressant pour chacun de nous, mais en particulier pour les psychologues, les psychanalystes, les médecins et soignants, les médiateurs, les vendeurs et les acheteurs, les divers organismes de contrôle, ainsi que pour les stratèges, l'armée, la police, la justice…

En effet, nous ne relevons le plus souvent, au travers des discours personnels, professionnels ou institutionnels qui sont tenus autour de nous, que les discours extérieurs et ses variantes, c’est à dire les discours identitaires et leurs variantes, et/ou les discours d'apparence et leurs variantes, qu'ils soient relatifs au passé, au présent ou à l'avenir.

Il suffit d'ouvrir le journal, de lire un livre, une brochure, d'écouter les informations ou, tout simplement, ce qui se dit autour de nous, pour trouver des discours extérieurs, souvent différents des discours intérieurs.
Nous ne connaissons que bien peu souvent les discours intérieurs et ses variantes : ils sont le plus souvent cachés, sauf quand les hommes ouvrent leur cœur.

Certes, il arrive que nous puissions savoir ce qui se passe en nous-mêmes, en notre cœur, sans rien se cacher, du moins dans certaines des orientations de conscience que nous adoptons pour nous découvrir, par nos facettes ou nos résultats.
Car notre orientation de conscience est souvent telle que nous nous dissimulons souvent une partie de nos facettes ou de nos résultats.

Mais nous ne savons pas, le plus souvent, quelle est la vérité intérieure vécue, c'est à dire ce qui se passe :
- soit au cœur des autres hommes,
- soit au cœur d'une situation individuelle ou collective.


Nous ne savons pas, non plus, au travers des discours identitaires ou d'apparence et de leurs variantes tenus sur un homme ou sur une situation, quelles sont les dispositions effectives qui ont été, sont ou seront prises, individuellement ou collectivement.

Les intentions et les stratégies sont le plus souvent cachées, souvent à leurs acteurs et même à leurs propres auteurs.

Les modèles ORES permettent de révéler, outre la vérité objective qui est accessible à tous ceux qui veulent bien y voir clair, mais que nous ne voulons pas toujours connaître, les discours intérieurs et cachés que les hommes tiennent et tels qu'ils les tiennent :
- à leur propos,
- à propos des autres hommes,
- à propos des situations collectives,
à partir de leurs discours extérieurs, à savoir leurs discours identitaires et d'apparence et leurs variantes, discours qu'ils tiennent et qui portent :
- sur l'une ou l'autre des différentes facettes des hommes (dont les différentes facettes d'un homme, décrites par lui-même),
- sur l'une ou l'autre des différents partis pris qui contribuent à constituer une situation individuelle ou collective,
- sur leurs résultats respectifs,
- sur le tout.

Autrement dit, les modèles ORES montrent quelles sont les vérités subjectives intérieures et le plus souvent cachées des hommes, qui sont conscientes et réelles pour eux, ainsi que celles, intérieures ou extérieures, dont ils ne sont pas conscients et qu'ils considèrent comme des irréels, alors que d'autres hommes peuvent les voir ou les vivre comme des vérités conscientes et réelles.


7) La conscience du réel et l'inconscience de l'irréel

Nous avons d'abord vu que, si l'homme s'auto évaluait, son couple de cartes devait se superposer :
- soit au couple de cartes représentant une autre facette de lui-même (auto-évaluation partielle),
- soit au couple de cartes représentant ses résultats (auto-évaluation partielle).

L'espace ORES de l'homme est l'espace ORES de la conscience que l'homme a de son réel d'homme.
Mais c'est aussi l'espace de son inconscience et de son irréel, en tant qu'homme.
Cependant la conscience qu'a l'homme du réel ne se limite pas à la conscience de lui-même.
L'espace de la conscience que l'homme a des divers réels et de leurs propres consciences, dont lui-même, forme son espace ORES.
Mais c'est alors aussi l'espace de son inconscience de ces divers réels, qui sont par conséquent et pour lui, des irréels.

L'espace ORES objectif de l'homme est l'espace qui contient, jusqu'au niveau d'évolution maximum que sa conscience du réel peut atteindre :
- d'une part sa conscience de lui-même, en tant que réel particulier, à savoir une conscience souvent partielle de son réel pourtant atteint à son niveau d'évolution, ainsi qu'une conscience souvent partielle de son irréel,
- d'autre part son inconscience de parties de son réel et de son irréel.
Mais l'espace ORES de l'homme contient aussi, jusqu'au niveau d'évolution maximum que sa conscience du réel peut atteindre :
- d'une part sa conscience de multiples réels et de leurs irréels, à savoir une conscience souvent partielle de ces réels et de leurs irréels,
- d'autre part son inconscience d'une partie de ces réels et de leurs irréels,
alors-même qu'à son niveau d'évolution, l'homme pourrait les appréhender jusqu'à ce niveau d'évolution...si son orientation de conscience lui permettait de les mettre en pleine lumière.

Ensuite, nous avons vu que si l'homme évaluait un autre homme, son couple de cartes devait se superposer :
- soit au couple de cartes représentant l'une ou l'autre des facettes de cet autre homme,
- soit au couple de cartes représentant les résultats de cet autre homme.
Ces couples de cartes se trouvent dans l'espace ORES de la conscience et du réel de l'homme qui est évalué.
Mais cet espace contient aussi son inconscience et son irréel.

Nous avons vu enfin que, si l'homme évaluait une situation individuelle ou collective, son couple de cartes devait se superposer :
- soit au couple de cartes représentant l'une ou l'autre des parties constituantes de cette situation individuelle ou collective,
- soit au couple de cartes représentant les résultats de cette situation individuelle ou collective.

Ces couples de cartes se trouvent dans l'espace ORES du réel et de la conscience de la situation individuelle ou collective.
Mais il contient aussi son inconscience et son irréel.

L'espace ORES objectif d'une situation individuelle ou collective est l'espace de la conscience de son réel, ainsi que de son inconscience de son irréel. Il est rarement lu tel quel par ses diverses évaluateurs.

Les différents espaces ORES, à savoir les espaces ORES des hommes et les espaces ORES des multiples situations individuelles ou collectives, sont dans un espace enveloppe qui contient la conscience générale du réel général, ainsi que son inconscience et son irréel.

La conscience générale du réel général au plus haut niveau de conscience dont les hommes sont capables aujourd'hui est décrite par le langage qui a le niveau d'évolution le plus élevé.
Pour ces hommes-là et a fortiori pour les autres, ce qui reste à découvrir est, par définition, inconscient et irréel.

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